Volume 1, N°7, le 17 mars 2009

Chers citoyens écoresponsables,
Chers membres et sympathisants du CREL,

  Sans conteste, l'année 2009 sera marquée par la plus grave crise économique depuis la "grande récession" du début des années trente.
Les bases du système financier sont bouleversées, ce qui remet en cause la structure, la nature et l'ampleur des échanges économiques et de la production de biens et services. Cette situation, à juste titre, nous préoccupe tous.
   Mais il est une autre crise, moins évidente mais malheureusement beaucoup plus grave, qui devrait aussi nous préoccuper : l'avènement des changements climatiques. Depuis plus de vingt ans, les scientifiques sérieux du monde de la climatologie nous le disent : les émissions excessives de gaz à effet de serre (GES), surtout le CO2, nous préparent un avenir globalement beaucoup plus chaud. Les "septiques du changement climatique", appuyés et financés par les producteurs d'énergie fossile qui ne veulent pas que leurs profits soient affectés, ont travaillé avec acharnement à détruire la crédibilité des modèles de prédiction du climat. Ils ont même pris le pouvoir au État-Unis (équipe Bush-Cheney) et influencé négativement les politiques de contrôle des émissions de GES des gouvernements conservateurs du monde industrialisé, au Canada, en Australie, au Japon et ailleurs.
  Ainsi, plusieurs considèrent que, du point de vue de la lutte aux changements climatiques, la dernière décennie a été perdue. C'est dommage car, durant cette période, nous avons assisté à une accéleration des émissions excessives de GES. Le climat de la planète peut être comparé à la conduite d'un très gros navire. D'énormes quantités d'énergie sont requises pour le faire bouger et prendre très lentement, presqu'imperceptiblement, de la vitesse... Mais lorsqu'il a atteint sa vitesse maximale, on ne peut pas l'arrêter rapidement.
  Aujourd'hui, suite au dernier rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat) à la fin de 2007, nous sommes certains que le réchauffement climatique dû à l'activité humaine est "sans équivoque". Nous sommes certains que les enfants qui naissent aujourd'hui auront à subir les conséquences difficiles et les périls d'un monde en inexorable réchauffement. Que vous travailliez en agriculture, dans la pêche, dans les forêts ou même dans un bureau, que vous viviez au Québec ou ailleurs dans le monde, au nord comme au sud, que vous soyez riche ou pauvre, vous serez affecté.
  L'année 2009 est une année décisive pour la lutte contre les changements climatiques. A la fin de l’année se tiendra la Conférence de Copenhague, sous l’égide de l’ONU. L'humanité est encore capable d'influencer l'ampleur du changement climatique à venir et elle doit impérativement le faire dans les plus brefs délais, car nous ne disposons plus de décennies pour éviter la catastrophe. À Copenhague, la communauté internationale doit trouver un accord pour répondre au péril climatique.

Gilles Côté


Comment parler d’avenir aux jeunes ?
EN PASSANT DES PAROLES AUX ACTES !

Les 26 et 27 février derniers, avait lieu, à Montréal, l’édition 2009 du Carrefour de la citoyenneté responsable, organisé par les Établissements verts Brundtland et la Fondation Monique-Fitz-Back. Cette année, le thème de la rencontre s’intitulait «Comment parler d’avenir aux jeunes ?»
     
Quelques jours plus tôt, soit le 23 février, La Presse publiait l’article « Avenir de la planète : les jeunes Québécois sont pessimistes ». Bref, nos jeunes sont très lucides, mais quels sont les impacts de cette vision défaitiste ? Que l’on soit parent, enseignant, intervenant, ami, gestionnaire, élu ou personnalité publique, comment peut-on aider nos jeunes à éprouver de l’espoir face à notre avenir à tous ? (>>> la suite)


Empreinte écologique sucrée !

Soucieux des conséquences de ses choix de consommation, le consom’acteur recherche généralement des produits ayant un impact minimal sur l’environnement et des retombées sociales maximales. Il recherche dans la mesure de ses moyens, des produits réemployés, fait de matières recyclées, locaux, équitables et biologiques. L’information sur ces produits est maintenant plus facilement accessible. Il semble cependant que les discussions sur un produit bien de chez nous soient moins communes. Qui a déjà pensé à l’impact écologique de la production de sirop d’érable, activité bien présente dans Lanaudière ? Le temps des sucres arrive à grand pas et il est temps de se pencher sur la question ! (>>> la suite)


S’affranchir du pétrole

L’objectif de se libérer du pétrole comme source d’énergie apparaît une idée noble, emballante même. D’autant qu’au Québec, cette source d’énergie est importée à fort prix.
Mais pour s’affranchir du pétrole, il faudrait pouvoir agir sur les raisons pour lesquelles le pétrole est utilisé. En pratique, cela signifie agir sur la consommation. Par exemple, le pétrole utilisé pour le chauffage des résidences, des édifices et des usines peut être remplacé par des sources alternatives, par des économies d’énergie et par la récupération de la chaleur notamment. Et la technologie existe pour réaliser ces substitutions et ces économies. Et les décisions peuvent être prises localement. Il faut cependant que l’énergie alternative soit disponible. (>>> la suite)


Les milieux humides de la CMM sont mal connus

Deux MRC de notre région font partie de la Communauté métropolitaine de Montréal  (CMM) : la MRC les Moulins et la plus grande partie de la MRC de L'Assomption.
Nous connaissons l'importance de conserver les derniers milieux humides de la CMM, notamment et au premier plan, celui des tourbières de Terrebonne. C'est pourquoi les cinq Conseil régionaux de l'environnement (CRE) de la région de Montréal (dont le CREL) réclament de la CMM un inventaire et une caractérisation de tous les milieux humides sur son territoire avant qu'ils ne disparaissent, victimes du développement immobilier. Car on ne peut pas protéger et conserver ce qu'on ne connait pas!
(>>> lettre à la CMM)
(>>> demande de moratoire sur la construction dans les milieux humides)


Honneur aux tourbières de Terrebonne pour les services qu'elles nous rendent - 1ère partie

La formation d’une tourbière résulte de plusieurs milliers d’années d’accumulation de végétation non décomposée, principalement constituée de sphaigne

Puits de carbone
Durant leur croissance, les plantes emmagasinent de grandes quantités de CO2, un des principaux gaz à effet de serre (GES), responsables des changements climatiques. Dans une tourbière, l’acidité du milieu et la présence continuelle d’eau empêchent la décomposition de la végétation, ce qui fait en sorte que le CO2 est emprisonné dans la tourbe au lieu d’être libéré dans l’atmosphère. Ainsi, ces écosystèmes agissent comme des puits de carbone, contribuant activement à la lutte aux changements climatiques. Au Canada, les tourbières peuvent capter annuellement 140 millions de tonnes de CO21. Contrairement aux technologies de captage de carbone que l’on tente de développer à coups de millions de dollars, ce service nous offert gratuitement par les tourbières de Terrebonne.

Approvisionnement en eau potable
En absorbant très rapidement d’importantes quantités d’eau avant de la libérer tranquillement, les milieux humides agissent comme des éponges.

La Ville de Terrebonne puise la majeure partie de son eau potable dans la rivière des Mille-Îles , elle-même alimentée par les tourbières de Terrebonne

Ce processus permet non seulement de prévenir les inondations, mais il assure un approvisionnement continu des eaux souterraines et de surface. De plus, les milieux humides purifient l’eau. Le fait que l’eau s’écoule lentement permet aux sédiments de se déposer, tandis que les plantes absorbent toxines et excès de nutriments.
Dans un contexte où les changements climatiques menacent de réduire notre accès à l’eau et d’en dégrader la qualité, et ce, même au Québec, la protection de tous nos milieux humides est primordiale.
Par ailleurs, la Ville de Terrebonne, qui puise la majeure partie de son eau potable dans la rivière des Mille-Îles (elle-même alimentée par les tourbières de Terrebonne), connaît déjà des problèmes d’alimentation en eau potable en période de canicule2.

Purificateur d’air naturel
Selon l’Association médicale canadienne, le Québec et l’Ontario comptent la plus grande proportion de décès prématurés causés par la pollution atmosphérique au Canada3. Au Québec seulement, les décès prématurés passeront de 690 en 2008 à 1180 en 2031. Sur cette même période, les admissions à l’hôpital, les visites à l’urgence et les visites chez le médecin augmenteront de 42 %. Les dommages économiques pour la province se seraient élevés à plus de 2 milliards de dollars en 2008, alors que l’on prévoit des coûts dépassant les 3 milliards de dollars en 2031.
Les 633 ha de milieux naturels situés sur les terres de la Défense nationale, où on retrouve les tourbières, agissent comme un gigantesque purificateur d’air naturel voisin du grand Montréal, qui connaît d’importantes périodes de smog. Grâce à la photosynthèse, les plantes absorbent du CO2 et libèrent de l’oxygène. De plus, la végétation possède la capacité d’assimiler certaines substances nocives que l’on retrouve dans l’air pollué.

Retombées environnementales, sociales et économiques
Du point de vue environnemental, les services rendus par les tourbières de Terrebonne, à court et à long terme, sont tout à fait évidents. En contribuant à la lutte aux changements climatiques et en assainissant notre eau et notre air, ces milieux naturels jouent aussi un rôle important sur la santé et la qualité de vie des citoyens du sud de Lanaudière. Conséquemment, les coûts reliés aux soins de santé s’en trouvent amoindris, tout comme les autres frais reliés aux impacts des changements climatiques.
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1 http://www.cemoulins.org/tourbiere.html
2 Comité Environnement les Moulins, 2007. Mémoire. Protection des milieux humides de Terrebonne – Propriété fédérale du ministère de la Défense nationale. p.15.
3 Association médicale canadienne. 2008. L’air qu’on respire. Le coût national des maladies attribuables à la pollution atmosphérique. 38 p.

Vicky Violette


Sortir le recyclage de la crise : Le Mouvement Écologique Mathalois (MEM) lance une pétition

En octobre 2008, éclatait la crise du recyclage. Dans la foulée de la récession économique mondiale et du tassement de la valeur des matières premières, les cours jusque là assez élevés des matières recyclables s'effondraient et nous précipitaient dans l'incertitude. Durant la campagne électorale, fin novembre plus précisément, la ministre de l'Environnement, Mme Line Beauchamp, au courant de la situation depuis trois semaines disait-elle, chargeait trois responsables du secteur de lui faire rapport dans les deux semaines sur l'état de la situation et sur les mesures à prendre pour l'améliorer.
Enfin, le 28 janvier, neuf semaines plus tard donc, la ministre annonçait des mesures pour soutenir les centres de tri et la création d'un Comité conjoint sur le marché des matières recyclables. Ces annonces répondent-elles à nos attentes ?
(>>> pourquoi et comment signer la pétition ?)
(>>> texte de la pétition)

Claude Duchemin. Mouvement écologique mathalois


   Le CREL vous informe est publié par le Conseil régional de l'environnement de Lanaudière
   Ont contribué à ce numéro:
   Gilles Côté, Vicky Violette, Charles Gratton, Normand Grégoire et Claude Duchemin

  
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