Volume 1, N°6, le 20 février 2009

Sommes-nous prisonniers de notre confort ?

  De nos jours, le système économique valorise l'individualisme et l'égocentrisme: cela fait de nous de gros consommateurs. Lors de prises de décisions, on considère tout a fait raisonnable de s'occuper d'abord de ses affaires et de ses intérêts. Cependant, ce comportement est-il vraiment à notre avantage?
   Imaginez-vous la situation suivante où la police arrête deux suspects complices d’un même délit. Les preuves sont toutefois insuffisantes et une dénonciation est nécessaire. Chacun des suspects est isolé et on lui soumet cette offre :

"Si tu dénonces ton complice et qu'il ne te dénonce pas, tu seras remis en liberté et il écopera de 10 ans de prison.
Si tu le dénonces et lui aussi, vous écoperez tous les deux de 5 ans de prison.
Si aucun de vous ne dénonce, vous aurez tous deux 6 mois de prison."

N°1 se tait

N°1 dénonce

N°2 se tait

6 mois chacun

Rien pour le N°1
10 ans pour le N°2

N°2 dénonce

10 ans pour le N°1
Rien pour le N°2

5 ans chacun

  Isolé, chaque prisonnier réfléchit et se dit :

"Dans le cas où l’autre me dénoncerait : si je me tais, je ferai 10 ans de prison, mais si je le dénonce, je ne ferai que 5 ans.
Dans le cas où l’autre ne me dénoncerait pas : si je me tais, je ferai 6 mois de prison, mais si je le dénonce, je serai libre.
Donc, quel que soit le choix de l’autre, j'ai intérêt à le dénoncer."

  Les deux se dénoncent alors et écopent de 5 ans, alors que s’ils étaient restés silencieux tous les deux chacun n’aurait eu que 6 mois. Voici un bel exemple où la recherche de l’intérêt individuel mène à un résultat non optimal.
   Ce genre de situation peut ressembler à de nombreux enjeux environnementaux comme l’effondrement des stocks de poissons ou encore les embouteillages sur les ponts. Mais sommes-nous tous comme ces prisonniers ?
   Certes les problématiques environnementales sont beaucoup plus complexes, mais il n’en reste pas moins que les actions individuelles mènent à une dégradation de la situation. Quelles décisions auraient pris les prisonniers s’ils avaient pu se parler ? Ils en seraient certainement venus à ne pas se dénoncer. Sommes-nous à ce point isolés les uns les autres dans notre monde ? Ne voyons-nous pas l’urgence de s’asseoir et de trouver des « compromis » qui finalement s’avéreront plus intéressants que le chacun pour soi ? Certains ont à perdre – ceux qui bénéficient du système actuel, mais beaucoup plus ont à gagner. La crise économique actuelle ne se présente-elle pas comme une opportunité pour repenser le monde?
   Réfléchissons rapidement, le temps de proposer des solutions approche !
   
   Charles Gratton


Le premier Forum Social Lanaudois (FSL)

Le FSL, c’est un espace public critique, participatif et inclusif qui vise à permettre à tous les citoyens, mouvements sociaux et organismes de la région de prendre la parole, débattre, et s’exprimer sur les réalités et les enjeux lanaudois.
C’est un lieu de rencontre, de convergence, de dialogue, d’échange, de pratique citoyenne et d’élaboration de stratégies d’action en réseau afin de faire advenir un Québec mettant au centre de ses préoccupations la justice sociale, le développement durable, la solidarité internationale et la démocratie participative.
C’est plus de 75 activités (ateliers, conférences et prestations artistiques) qui auront lieu du 24 au 26 avril prochains au Cégep de L’Assomption. Au menu ? Notre forêt, la culture, les médias lanaudois, l’intégration des personnes immigrantes, les cyanobactéries, les logements abordables, le raccrochage scolaire, les changements climatiques et bien plus encore !
Il est possible de s’inscrire au FSL dès maintenant. Ne manquez pas cet événement incontournable ! Pour inscription ou informations, visitez notre site Web ou contactez-nous au (450) 756-6538 ou par courriel au info@forumsociallanaudois.org.

Michel Robert


Faites profiter votre argent et l’environnement grâce aux placements socialement responsables

Votre argent sert-il à financer des entreprises qui ne se soucient aucunement des effets de leurs activités sur le bien-être des citoyens, leur santé, la qualité de leur environnement et les droits des travailleurs ? Malheureusement, c’est probablement le cas ! Pour remédier à cette situation et vous permettre d’investir dans vos valeurs, vous pouvez opter pour l’investissement socialement responsable. (>>> la suite)


« Les restaurants Benny » adopte une gestion responsable de ses matières résiduelles

Le 10 février dernier, l’entreprise « Les restaurants Benny » annonçait la mise en oeuvre de la collecte à trois voies dans sa succursale de Rawdon. Quelle belle surprise de constater que l’on n’avait pas oublié, d’abord et avant tout, la réduction à la source !
En effet, les efforts consacrés à la recherche de choix alternatifs afin d’éliminer, entre autres, l’usage du styromousse n’ont pas été négligés. On retrouve maintenant de la vaisselle lavable et durable. On a remplacé, par exemple, les sachets de sucre par un sucrier. De plus, certains contenants de plastique non recyclables au Québec ont été remplacés par des contenants de carton compostables. Toutefois, il reste encore du travail à faire. Entre autres, on n’a pas trouvé d’ustensiles recyclables et on sert toujours de l’eau embouteillée individuellement. Malgré tout, la recherche de solutions plus responsables se poursuit.
Quant à la collecte à trois voies, elle permet de recycler et de composter une grande quantité de déchets, autrefois voués entièrement à l’enfouissement. Les employés et les clients peuvent contribuer rapidement et efficacement à ces efforts, grâce à une information claire et précise. Des pictogrammes indiquent quels articles correspondent à chacune des trois voies. Les clients qui ne souhaitent pas prendre le temps d’effectuer un bon triage n’ont qu’à laisser leur cabaret à l’endroit prévu à cet effet.
Bref, tout a été bien pensé. Félicitations à l’entreprise Compo Recycle, qui a prévu tous les détails ! Grâce à cette initiative, le restaurant a réduit de 80 % les matières résiduelles enfouies, ce qui représente 300 m3 par année, soit l’équivalent d’environ 20 camions. Les propriétaires, messieurs Yves et Vincent Benny, se donnent six mois pour bien s’approprier cette nouvelle façon de faire avant d’implanter le système dans tous leurs restaurants.

Vicky Violette


Communiqué de l'ALAP : NON MERCI AUX ÉNERGIES SALES POUR LE QUÉBEC

Au début de février, la Ville de Montréal adoptait un projet de réglementation visant à interdire l'installation de nouveaux systèmes de chauffage au bois sur son territoire. Les directions de santé publique nous mettent aussi en garde contre les effets nocifs de la fumée de bois, particulièrement dans les quartiers urbains et les banlieues où on trouve une proportion significative de ménages qui utilisent le chauffage au bois comme système de chauffage d'appoint durant la saison froide.
De l'autre côté, l'industrie du poêle réclame une règlementation favorisant l'usage de poêles certifiés EPA qui diminueraient de beaucoup la pollution provenant de cet usage.
L'Association pour l'air pur (ALAP) nous met cependant en garde en rappelant que les poêles certifiés EPA ne sont pas une panacée et que la fumée demeure un facteur important de détérioration de la santé respiratoire dans nos villes. Le 4 février dernier, l'ALAP a émis un communiqué intitulé NON MERCI AUX ÉNERGIES SALES POUR LE QUÉBEC. (>>> le communiqué)
De plus, pour un survol sérieux de la question des impacts sur la santé des diverses technologies de chauffage au bois, nous vous recommandons de lire l'excellent mémoire que l'ALAP a présenté lors des consultations sur la Stratégie de développement durable du gouvernement du Québec en novembre 2007. (>>> le mémoire)

Gilles Côté


Tenue du colloque forestier régional 2009
Mon boisé, une valeur sûre
« J’y gagne, ma communauté aussi ! »

Le 11 mars prochain, l’Association forestière de Lanaudière vous invite au Château Joliette pour l’édition 2009 du colloque forestier régional. Le thème choisi cette année: les bénéfices environnementaux, sociaux et économiques des boisés situés en milieu agricole.

L’animateur, M. Lionel Levac, journaliste à l’émission "La semaine verte" de Radio-Canada, présentera plusieurs conférenciers chevronnés, qui aborderont les questions suivantes :
  • Le potentiel forestier de la Plaine du Saint-Laurent ;
  • La conservation volontaire en milieu privé ;
  • Les tourbières de Lanoraie et l’historique du paysage ;
  • Vers des paysages multifonctionnels en zones d’intensification ;
  • La captation de carbone par les boisés ;
  • L’optimisation de l’aménagement d’une ferme et de ses boisés improductifs.
(>>> voir l'affiche)

Le coût est de 75 $ pour les inscriptions complétées avant le 24 février, puis de 90 $ après cette date. Pour ceux qui désirent s’en tenir à la dernière conférence en soirée, le prix d’entrée est de 10 $.

Pour de plus amples renseignements ou pour vous inscrire, communiquez avec l’Association forestière de Lanaudière :
(450) 836-4007
afl@aflanaudiere.org


Santé publique et changements climatiques

Le 17 février dernier, dans le cadre de ses déjeuners-causerie, l’Agence de santé et de services sociaux de Lanaudière présentait une conférence sur les impacts qu’auront les changements climatiques sur la santé publique au Québec. Le chercheur Pierre Gosselin de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a présenté les résultats des recherches effectuées par l’équipe du INSPQ depuis 2003. Puisque nous serons tous affectés, il nous a semblé pertinent de partager brièvement avec vous cette information.
(>>> la présentation de M. Pierre Gosselin - .pdf - 6,3 Mo)

Les changements climatiques se font déjà sentir au Québec, particulièrement le sud-ouest du Québec dont Lanaudière fait partie. Ainsi donc, pour ces régions, la température annuelle moyenne a augmenté d'une valeur se situant entre 1 et 1,25 °C depuis 1960. Ce réchauffement du climat, qui devrait s’accentuer davantage au point où le climat de Montréal pourrait ressembler au climat actuel de Nashville dans un avenir pas si lointain de 30-60 ans, n’est pas sans conséquences pour les écosystèmes et la santé publique.

Des enjeux de santé publique se posent à plusieurs niveaux. Premièrement, le réchauffement permettra entre autres à de nouvelles maladies infectieuses de faire leur apparition, le virus du Nil et la maladie de Lyme par exemple, qui sont transmises via l’arrivée de nouveaux animaux inadaptés au climat actuel. Deuxièmement, les événements climatiques extrêmes seront dorénavant plus nombreux et entraîneront les risques qui y sont associés (inondation au Saguenay, verglas de 1998…), affectant plus durement les personnes démunies qui sont généralement plus à risque dans de telles situations. Troisièmement, de ces événements climatiques extrêmes, les pluies abondantes causant de grands ruissellements peuvent engendrer des problèmes de qualité et de contamination de l’eau de consommation. Quatrièmement, l’augmentation du nombre de journées de chaleur accablante entraînera des difficultés supplémentaires aux gens les plus à risques (personnes âgées, jeunes enfants, personnes ayant des problèmes respiratoires) particulièrement dans les grands centres urbains.

Heureusement, certaines solutions d’adaptation existent : une meilleure préparation pour affronter les événements extrêmes et les nouvelles maladies, une meilleure conception de nos immeubles et de nos espaces urbains afin d’éviter les chaleurs extrêmes, un suivi rigoureux de la qualité de l’eau que nous consommons…et l’adoption du port de crampons pour se déplacer sur les trottoirs plus souvent couverts de glace devant les périodes de gel/dégel plus fréquentes !

Toutefois, n’oublions pas que la meilleure mesure d’adaptation est dans la prévention: réduire nos émissions de GES, pour que finalement le réchauffement du climat reste dans la mesure de notre adaptation possible!

Charles Gratton


   Le CREL vous informe est publié aux six semaines
   Ont contribué à ce numéro:
   Charles Gratton, Vicky Violette, Gilles Côté et Michel Robert

  
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