Réaménagement du ruisseau Vacher
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Photo : Ressources Forestières
Biotiques |
Il y a quelques semaines, le projet de mise en valeur
du bassin versant du ruisseau Vacher réalisé à Saint-Jacques-de-Montcalm
et ses environs faisait l’objet d’un reportage à l’émission
La semaine verte sur les ondes de la radio de Radio-Canada . Cette
belle initiative environnementale lanaudoise gagne à être connue,
en voici donc un bref aperçu !
(écoutez le reportage >>> .mp3 - 13 Mo)
Le projet de mise en valeur du bassin versant du ruisseau Vacher s’est mis en branle en 2005 lorsque la Fondation de la faune du Québec et l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont mis sur pieds le programme de Mise en valeur de la biodiversité des cours d’eau en milieu agricole. Ce programme cherchait à développer des approches novatrices visant l’amélioration des pratiques agricoles et de la qualité des berges des cours d’eau et l’aménagement d’habitats fauniques afin de mettre en valeur la biodiversité d’un bassin versant donné. Pour l’ensemble du Québec, dix projets pilotes ont alors été lancé, dont celui du bassin versant du ruisseau Vacher choisi en raison du dynamisme de la coopérative de solidarité Écogespro et de la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) Achigan-Montcalm et de l’appui du ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ).
Deux comités ont alors été mis en place, à savoir un comité traitant des questions commerciales et industrielles ayant lieu dans le bassin versant, comité peu actif, et le comité agricole qui est toujours en activité et qui a au fil du temps accompli de belles réalisations. C’est de celles-ci dont nous parlerons ci-bas.
Les premières phases du projet ont principalement visé la stabilité des cours d’eau afin de freiner l’érosion des berges qui provoque entre autres l’envasement d’habitats de reproduction de poissons et qui résulte également en perte de terre arable pour les agriculteurs. Mise en œuvre par la coopérative Écogespro et la Fédération de l’Union des producteurs agricoles de Lanaudière (FUPAL), ces première actions, qui se sont déroulées de 2006 à 2008, ont permis la stabilisation de près de 2000 mètres de berges, l’aménagement d’une centaine de déversoirs, la protection d’une centaine de sorties de drains agricoles, la protection de 30 sorties de fossé et l’implantation d’une bande riveraine d’environ 1 m de profondeur sur plus de 35 km de berges.
Ces actions ont certes eu des effets bénéfiques sur la qualité de l’eau et des habitats aquatiques là où les mesures ont été implantées. Le bassin versant du ruisseau Vacher présente toutefois une autre caractéristique inquiétante d’un point de vue écosystémique, à savoir son faible couvert forestier. En effet, dans la partie ciblée par le projet, soit la partie supérieure du bassin versant, principalement située à Saint-Jacques, la présence d’une végétation forestière représente moins de 18% du territoire. Il est généralement reconnu qu’une région dont le couvert forestier compte pour moins de 30% du territoire présente un risque de voir s’effriter sa biodiversité et son équilibre écologique – d’autres caractéristiques comme la taille des îlots forestiers et la connectivité plus ou moins grande entre ces îlots sont également à prendre en compte, il ne suffit donc pas qu’il y ait 30% de couvert forestier pour s’assurer d’un maintient de la biodiversité. La présence de parcelle forestière permet également une protection de la qualité des eaux de surfaces et souterraines.
En 2009, le projet s’est donc attaqué à cette problématique de la faible présence d’arbres dans la partie supérieure du bassin versant du ruisseau Vacher. Les objectifs en étaient de : 1) protéger et de préserver les îlots boisés naturels; 2) accroître la fonctionnalité écosystémique de la zone riveraine tout en permettant une activité économique dans cette zone par l’implantation de bandes riveraines d’arbres de grande valeur commerciale, d’arbres à fruits, d’arbres à noix, etc. ; 3) reconnecter les îlots boisés du territoire aux grands massifs boisés ; et 4) accroître à long terme la qualité de l’eau du bassin versant. La mise en œuvre de ces actions a été réalisée par la FUPAL et l’entreprise de services conseils et techniques en génie forestier Ressources Forestières Biotiques (RFB), qui est membre du CREL (voir plus bas la chronique Découvrez nos membres !).
Par exemple, le reboisement d’une bande d’une largeur de 15 mètres sur l’ensemble des rives des ruisseaux de cette partie du bassin versant permettrait d’augmenter de près de 5 % le couvert forestier de la région et de répondre aux autres objectifs de cette phase du projet. Toutefois, pour réaliser ce réaménagement, la participation des producteurs agricoles de la région ciblée est essentielle puisque l’ensemble des travaux du projet se font sur une base volontaire. Le rôle de RFB aura donc été de présenter les avantages environnementaux et économiques – ces derniers étant généralement à long terme comme la plantation de feuillus nobles qui ont une grande valeur commerciale mais qui seront récoltable dans 40 ans – de divers scénarios d’aménagement. Au final, douze des quinze producteurs approchés ont participé en acceptant de plus ou moins grands travaux de réaménagement de leurs terres.
Pour l’année 2009, 6 hectares ont été reboisés avec environ 10 000 arbres ou arbustes, ce qui ne représente que 0,2% de la superficie de la région ciblée par le projet. Selon Benoit Michaud, directeur de RFB, l’expérience est toutefois concluante : « L’initiative porte à penser que d’autres producteurs agricoles joindront leurs efforts pour accentuer la connectivité du réseau des bandes riveraines naturalisées sur le réseau du ruisseau Vacher. Les premiers deviendront certainement de bons ambassadeurs s’ils réalisent les bienfaits de ces reboisements. » Toujours selon Benoit Michaud : « le succès du prolongement de bandes riveraines repose d’abord sur la conviction qu’auront ces agriculteurs de la nécessité de cette végétalisation permanente pour une meilleure qualité de l’eau et de la valeur des avantages environnementaux, sociaux et économiques à moyen termes que leur procureront cette végétalisation. Dès qu’un sentiment de fierté s’installera chez les participants, une reconnaissance collective de la naturalisation s’effectuera à une plus grande échelle. D’ailleurs, la FUPAL entend appuyer des projets de même nature au niveau d’autres sous-bassins versant de la région. »
Le projet pilote de réaménagement du bassin versant du ruisseau Vacher devrait prendre fin en 2010. Nous vous tiendrons au courant de l'évolution du dossier!
Charles Gratton



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