La consommation responsable
Qu’est-ce que la consommation responsable ?
Eh bien, c’est assez simple ! Il s’agit de tenir compte des répercussions
de notre consommation et de tenter d’en réduire les effets négatifs
et d'en augmenter les effets positifs au maximum. Il y a plusieurs niveaux
de responsabilisation. Pas facile toutefois d’identifier lequel est
à prioriser !
1. Le produit est local :
a. Avantage économique : on fait travailler les gens de chez nous ;
b. Avantage social : on peut plus facilement entrer en contact avec les producteurs
locaux et ici les gens ne sont généralement pas trop exploités
;
c. Avantage environnemental : les produits d’ici voyagent moins...moins
de consommation d’énergie, moins de gaz à effet de serre,
moins de pollution. De plus, les normes environnementales d’ici sont
en général plus élevées que dans certains pays
dits « en développement ».
2. Le produit est équitable :
a. Si le produit consommé n'est pas confectionné ici, il y a
de fortes chances qu'il provienne d’un pays dit « en développement
» où l'exploitation des travailleurs est souvent une triste réalité.
Les droits des travailleurs peuvent être bafoués sous de multiples
formes que ce soit par le travail d’enfants, une rémunération
insuffisante, etc. La certification équitable d’un produit –
certification qui n’est pas parfaite non plus mais qui est de loin mieux
que la situation usuelle – assure que le produit en question répond
à des normes minimales en termes de conditions de travail, de rémunération
constante et de démocratie au sein de l’entreprise productrice.
Par exemple, selon Marc-Henri Faure, coordonnateur de Fibrethik, une coopérative
de solidarité à but non lucratif d’importation et de promotion
du coton équitable et biologique : « acheté directement
auprès des coopératives de producteurs, les produits équitables
permettent aux producteurs de gagner 50% de plus que sur le marché
conventionnel (pour le cas du coton). La certification équitable assure
un prix juste garanti aux producteurs et des primes permettant des investissements
dans le développement de projets communautaires comme la construction
d’écoles et des programmes d’irrigation « goutte
à goutte » qui permettent aux producteurs de coton d’économiser
70 % de l’eau ! »
3. Le produit est fait à partir de matières premières
biologiques ou écologiques :
a. Biologiques signifie que cette matière première, le coton
par exemple, est issu de technique n'utilisant pas de pesticides, d'herbicides
et d'engrais de synthèse:
i. Avantage environnemental : pas de produits toxiques dans la nature qui
finissent par contaminer les écosystèmes…et nous du même
coup lorsqu’on mange ;
ii. Avantage social : les travailleurs ne sont pas en contact avec ces produits
chimiques...
b. Écologique signifie que la production de la matière première,
le chanvre par exemple, est peu dommageable pour l'environnement. Le bambou,
le lin et le chanvre sont des cultures demandant peu d'entretien. Faire attention
toutefois aux vêtements de bambou qui ne sont pas si écologiques
puisque la fibre doit être traitée par des procédés
chimiques! Le chanvre et le lin poussent très bien au Québec
!
4. Le produit est fait à partir de matières réutilisées ou récupérées (vieux tissus, bois récupéré...)
5. Le produit est durable et récupérable en fin de vie :
a. Plus un produit est de qualité et fait de matériaux durables,
moins on en consommera ;
b. Certains matériaux sont facilement récupérables alors
que d’autres le sont moins (les fibres naturelles sont compostables,
les métaux peuvent être récupérés à
l’infini, certains plastiques sont difficilement récupérables,
le #6 en particulier). Lors de l’achat d’un produit, pensons tout
de suite à ce qu’il en adviendra une fois sa vie utile terminée.
Ainsi donc, le comble de la consommation responsable serait une très belle veste d’excellente qualité (ce n’est pas parce que c'est responsable que c'est laid et pas à la mode) fait de vieux morceaux de tissus (en partie avec un vieux chandail qui était fait de coton biologique et équitable car le coton pousse souvent dans des pays défavorisés, en partie avec un vieux polo fait de chanvre qui a poussé au Québec et qui avait initialement été conçu par une entreprise de réinsertion sociale) et fait par une designer lanaudoise. Si l’encre utilisée était végétale, on pourrait même composter cette veste une fois sa vie utile terminée – ceci uniquement si les tissus ne sont plus réemployables! Wow, ce serait super!
D’ici à ce que cette situation devienne une réalité, à vous d’établir vos critères prioritaires car tout n’est pas simple ! L’économie locale est primordiale, mais l’appui aux communautés du Sud l’est-il moins ? Dans le meilleur des mondes ces communautés seraient moins dépendantes de leur exportation et il serait facile de privilégier l’achat local, mais tel n’est pas le cas ! Quoi faire ? Chose certaine, qu’ils soient locaux ou équitables, visons une consommation de produits de qualité, faits de matières premières ayant été récoltées par de saines pratiques et conçus pour connaître une fin de vie tout aussi responsable où ces matières premières seront soit réutilisées, soit transformées, soit retournées à la terre (compost).
Voici une liste non exhaustive de liens concernant la consommation responsable
:
Guide
2009 du vêtement responsable d’Équiterre
Site Internet de consommation responsable www.ethiquette.ca
Site Internet de Fibrethik www.fibrethik.org
Superbe vidéo d’Équiterre au sujet du chocolat http://www.pareilpaspareil.com/
Charles Gratton
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