Volume 2, N°4, le 10 septembre 2009  
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Et si on prenait le pouvoir ? Qu’est-ce qu’on en ferait ?

Le CREL s’est posé la question lors de sa participation à l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, en tant que membre de la délégation du Forum jeunesse Lanaudière, du 27 au 29 août dernier.
Cette année, sous le titre « Et si on prenait le pouvoir? », les thèmes de l’environnement et de la justice sociale se trouvaient au cœur de la programmation, avec des personnalités plus qu’inspirantes.

Lors de la table ronde Le Québec écologique : mythe ou réalité ?, on a pu entendre François Cardinal, journaliste et auteur, Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Philippe Bourque, directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec, et Mario Gros-Louis, chargée de projets à l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec, se prononcer sur la question. Entre autres commentaires à ce sujet, monsieur Cardinal a expliqué que lorsque les citoyens décideront d’être verts, l’industrie et le gouvernement suivront. De son côté, madame Beauchamp a réitéré en ce sens en affirmant que le problème se situe surtout au niveau de l’adoption de comportements responsables chez les québécois. Pourtant, même si l’éducation relative à l’environnement a fait ses preuves lorsqu’il s’agit de transformer les comportements, seulement monsieur Bourque en a fait mention. Le manque de ressources efficaces en ce sens a d’ailleurs été spécifié au moment de la période d’échanges.

Yves Michaud animait la conférence intitulée
Le cul-de-sac de la mondialisation
Photo : Vicky Violette

Ce fut un énorme privilège d’entendre Yves Michaud raconter comment il a entrepris de défendre les biens collectifs des québécois, notamment en fondant le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC). En achetant des actions d’une entreprise, on peut assister aux assemblées générales annuelles et prendre parole dans le but de lui faire améliorer ses pratiques. Chose certaine, monsieur Michaud sait le faire avec une grande éloquence et un humour plutôt sarcastique.

La grande conférence d’Adrienne Maree Brown fut à la fois prenante et légère tout en étant émouvante et cocasse. Cette militante et défenderesse des causes sociales et environnementales a expliqué comment elle et son organisation procèdent lorsqu’il y a urgence d’agir. Elle prend soin de préciser que les actions non violentes sont planifiées lorsqu’un bien collectif (environnement, santé, lieu sacré, etc.) important est menacé à court terme. Par exemple, les communautés qui subissent les impacts de l’exploitation des sables bitumineux n’ont pas le temps d’attendre, car leur santé et leur mode de vie est déjà en péril. Toutefois, madame Brown souligne que le simple fait d’adopter des modes de consommation responsables constitue déjà un geste important, accessible à tous.

Quand le marketing vert a la cote fut un atelier intéressant du point de vue de l’importance croissante que les entreprises y accordent et du souci de transparence qui devient de plus en plus présent. Puisque des études démontrent que les consommateurs sont de plus en plus vigilants, certaines compagnies savent qu’ils ne peuvent pas prendre le risque de faire du « green washing » et de se faire prendre. Chris Willoughby, de Cossette Communication, a d’ailleurs cité en exemple l’entreprise Patagonia, qui expose ses différents produits sur Internet en décrivant leur empreinte écologique, ce qu’ils ont de « verts » et ce qu’il reste à améliorer. On peut même visualiser le parcours des matériaux et des étapes de fabrication d’un bien ainsi que la quantité de CO2 émise lors de sa production. (Visiter ce site). Par la suite, Henry Sauvagnat a expliqué comment Cascades fait appel aux organismes non gouvernementaux pour établir les lignes directrices et évaluer la performance environnementale de l’entreprise, tant au niveau de la production que de la gestion. C’est ainsi qu’ils assurent la crédibilité de leur démarche. Fait surprenant, le lancement de nouveaux produits écologiques a littéralement explosé en 2009, soit en pleine période de récession. Qui a dit que l’environnement représentait un frein à l’économie ?

Finalement, Oxfam-Québec offrait un parcours sur les changements climatiques : La planète chauffe… Bouge ! Bien qu’un tour complet de la complexité de la situation fût élaboré, on focalisait davantage sur les effets dévastateurs chez les populations du sud. Certes, l’état des faits est alarmant et la solidarité internationale, c’est important. Malgré tout, il ne faut pas oublier les impacts des changements climatiques sur l’environnement, la santé, la qualité de vie et l’économie des québécois, même s’ils ne sont pas encore aussi apparents. D’un autre côté, il est vrai que ceux qui sont davantage responsables des causes ne sont pas ceux qui en subissent le plus durement les conséquences, mais c’est aussi vrai chez nous, notamment concernant les personnes à faible revenu. Les riches peuvent toujours se payer l’air climatisé, un échangeur d’air, de meilleurs soins de santé, etc.

Un portrait de la complexité de l’enjeu des changements climatiques
(cliquez pour agrandir)
Photo : Vicky Violette


La conclusion qui demeure évidente est que l’être humain est la cause des changements climatiques, il en subi les conséquences et, surtout, il fait partie de la solution. La finalité de ce parcours, se déroulant sur trois après-midi, a débouché sur des propositions à transmettre aux gouvernements. Bref, le tout fut davantage axé sur la parole que sur l’action, ce qui s’avère intéressant pour plusieurs, mais moins stimulant pour d’autres.

Si on prenait le pouvoir, qu’est-ce qu’on en ferait ? En tant que citoyen, chacun possède déjà le pouvoir de changer le cours des choses, grâce à ses actions individuelles et collectives. Bien s’informer, adopter des comportements responsables, créer un comité de citoyens actif dans son milieu et prendre parole face aux injustices constituent tous des actes de prise de pouvoir. Toutefois, il n’en tient pas qu’aux individus d’être seuls coupables ou héros du sort de notre vie sur Terre. Une responsabilisation de la part de ceux qui détiennent le plus de pouvoir, c’est-à-dire des gouvernements et des corporations, s’impose.

Vicky Violette

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