Rapport N°251 du BAPE sur le Projet d'agrandissement du lieu d'enfouissement technique de Lachenaie (secteur nord)
Le 28 juillet dernier, durant les vacances d'été, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a rendu public son rapport d'enquête n°251 portant sur le projet d'agrandissement du lieu d'enfouissement technique de Lachenaie (secteur nord).
Au
terme de son enquête, la commission du BAPE conclut que l'autorisation
d'une capacité d'enfouissement supplémentaire de 26,5 millions
de mètres cubes de ce lieu d'enfouissement n'est pas souhaitable
parce qu'étant trop importante, elle serait nuisible à la
démarche d'autonomie régionale et de réduction de l'enfouissement
entreprise par la Communauté métropolitaine de Montréal
(CMM). Du même souffle, la commission reconnaît que l'agrandissement
de cette infrastructure régionale est cependant nécessaire
parce que l'autonomie des cinq secteurs de la CMM en matière de traitement
et d'élimination n'est pas encore réalisée. Le BAPE
recommande donc, encore une fois, d'autoriser l'enfouissement de 1,3 millions
de tonnes par année jusqu'en 2012.
Rappelons que le CREL, dans un mémoire conjoint avec les quatre autres conseils régionaux de l'environnement (CRE) touchant le territoire de la CMM, soit ceux de Laval, Montréal, Laurentides et Montérégie, recommandait la fermeture de ce lieu d'enfouissement dans les meilleurs délais. Pour les CRE, ce projet va à l’encontre des principes du développement durable parce qu’il est socialement injuste et inacceptable, qu’il fait porter sur la région de Lanaudière et sur les citoyens proches du site les impacts environnementaux de matières résiduelles enfouies pêle-mêle provenant en grande partie d’ailleurs et qu’il reporte à plus tard la gestion des problèmes environnementaux qui vont inévitablement surgir de ce type d’installation.
Ce lieu d'enfouissement en est à sa troisième procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement. En 1995, suite aux audiences du BAPE et malgré l'opposition de nombreux citoyens et groupes (incluant le CREL), le site s'est considérablement agrandi. Une nouvelle demande d'agrandissement fut acceptée en 2003 malgré les conclusions du rapport n° 177 du BAPE qui jugait le projet d'agrandissement globalement inacceptable. Ces conclusions du BAPE de l’époque ne se fondaient pas sur des aspects techniques, elles portaient plutôt sur une évaluation de l’opportunité de cet agrandissement : « Source d’iniquité sociale, ce projet est rejeté par les citoyens et, dans le contexte de la gestion des matières résiduelles de la région de Montréal, sa taille, favorisant l’enfouissement au détriment de la récupération, apparaît comme allant à l’encontre des objectifs de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008. » (Rapport n°177 du BAPE, page 91). En 2008, la commission du BAPE recommande la poursuite des activités actuelles sous le prétexte d'une inéluctable nécessité!
Le CREL est extrêmement déçu de la conclusion de la commission du BAPE qui entérine simplement le statu quo sans vraiment mettre à l'avant-plan les questions cruciales de l'acceptabilité sociale du projet et de la nécessaire gestion écologique des matières résiduelles basée sur le principe des 3R (réduction à la source, réemploi et recyclage). Selon nous, seule la gestion écologique des matières résiduelles peut prétendre s'inscrire à long terme dans une perspective de développement durable.

